Les révélations de PETA sur la laine d’alpaga

La branche américaine de PETA (People for the Ethical Treatment of Animals), association internationale oeuvrant pour le droit des animaux, vient de sortir une enquête d’infiltration sur les conditions d’élevage et de tonte des alpagas dans la ferme de Mallkini, au Pérou. Située près de la ville de Muñani (au pied des Andes, non loin de la frontière avec la Bolivie), il s’agit de la plus grande ferme d’alpaga privée au monde. Elle appartient au groupe Michell, le plus grand exportateur mondial de laine d’alpaga.

Sur une vidéo en caméra cachée publiée sur le site internet de PETA, on y voit des travailleurs tondre le troupeau à un rythme industriel, adoptant un comportement violent à l’égard des bêtes. Les outils d’accroche et d’immobilisation sont dignes d’instruments de torture d’un autre temps. Les animaux sont attachés par les quatre pattes, presque écartelés tout en étant tirés par les oreilles afin d’être tondus le plus rapidement possible. On peut voir sur la vidéo des alpagas, dont des femelles enceintes, terrorisés qui crient et se débattent (parfois jusqu’à en vomir) d’une tonte violente laissant des plaies importantes sur leur peau dont les plus profondes sont recousues à vif.

L’association se dit contre le spécisme, vision du monde plaçant l’espèce humaine au-dessus de toutes les autres et accordant une considération morale plus grande à certaines espèces animales (comme les animaux de compagnie ou domestique) qu’à d’autres (les animaux sauvages, les animaux d’élevage). Dans un communiqué officiel, PETA appelle à boycotter purement et simplement la laine d’alpaga, que l’association considère comme non éthique.

Plusieurs marques, comme Gap ou H&M pour ne citer que les plus importantes, ont déjà annoncé qu’elles arrêtaient leur commerce de laine d’alpaga avec Michell.

Le producteur se défend pourtant en affirmant que « L’alpaga est tondu, pas tué » et précise que le cisaillement ne cause « aucun mal » aux alpagas, et que « la laine d’alpaga n’est obtenue qu’une fois tous les douze mois. ».

L’alpaga, originaire d’Amérique du Sud a été domestiqué il y a plusieurs siècles déjà par les Incas notamment. Son élevage s’est développé ces dernières décennies, car sa laine est appréciée pour faire des vêtements résistants, légers et isolants.

On peut trouver maintenant des élevages en dehors du Pérou comme en France ou au Québec par exemple. Si les images diffusées par PETA sont évidemment choquantes, ne perdons pas à l’esprit qu’il s’agit d’un élevage de très grande taille. Tout comme il existe une différence de traitement des bauvins ou des poulets, selon qu’ils aient lieu dans des grosses entreprises agricoles ou dans des élevages bio, on peut se permettre d’espérer que de nombreuses fermes élevant des alpagas ont des pratiques plus éthiques à l’égard des animaux.

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