Port de Masque et Pandémie

Dès lundi 20 juillet le port du masque devient obligatoire dans les lieux publics clos : transport en commun, salle de spectacle, de sport, bureau. Depuis le début de la pandémie, nous avons remarqué une période d’incertitude en ce qui concerne l’efficacité du port du masque en tissu plus spécifiquement. Alors, posons-nous la question quel type de masque faut-il porter pour une meilleure protection ? 


L’institut National de santé publique du Québec (INSQ) a publié un avis scientifique sur le port du masque dans la population en situation de pandémie d’influenza(1). Il existe même un guide des bonnes pratiques d’utilisation du masque.

Dans ce document on définit ce qu’est un masque : ce terme réfère à un objet couvrant le nez et la bouche. Dans les milieux cliniques et de recherche, ce terme est fréquemment associé à un équipement de protection personnelle pour les employés. En milieu de soins, il est aussi utilisé comme outil visant à réduire la dispersion des gouttelettes par les personnes malades. Certains équipements répondent à des normes strictes, d’autres pas. On y fait la description de 8 types de masque.

TYPE DE MASQUES : (voir photos en annexe document INSQ )
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  1. Masque de procédure : Le masque de procédure est utilisé pour assurer une barrière aux éclaboussures. Il est constitué de plusieurs matériaux synthétiques incluant la rayonne, le polyéthylène et le polypropylène. Ces masques sont peu coûteux, plus faciles à mettre et à enlever que les masques chirurgicaux, confortables et peuvent être portés par la grande majorité des individus.
  2. Masque chirurgical : Le masque chirurgical se présente sous divers formats (ex. bec de canard, plat à plis, coquille pré moulée) et comporte des cordons ou des élastiques (modèles à coquille pré moulée) pour les faire tenir en place. Il sert de barrière physique aux gouttelettes qui ont un diamètre de plus de 5 microns de diamètre. Il doit pouvoir retenir des particules à partir d’un micron de diamètre, mais dans les faits, la capacité filtrante de ce type de masque peut varier de 0,5 à plus de 5 microns. Son efficacité à filtrer les larges gouttelettes est bonne; par contre celle à filtrer les aérosols est limitée et varie selon les modèles (Weber et al., 1993). Par conséquent, il est conçu principalement pour prévenir la propagation de gouttelettes et non pour protéger celui qui le porte des aérosols infectieux (Van Laer et Haxhe, 2003). Les masques chirurgicaux sont généralement constitués de fibres naturelles (coton) ou synthétiques (polypropylène). Ils doivent être changés au moins aux 4 heures, lorsqu’ils deviennent mouillés ou après avoir quitté une zone à haut risque. Ils doivent être portés de façon à couvrir tout le nez (en adaptant l’arceau nasal en métal) et couvrir la bouche. La pince doit être ajusté au nez et il ne doit pas y avoir d’espace sur les côtés.
  3. Masque respiratoire de type N95 et KN95 et FFP2. Le masque N95 (est utilisé pour se protéger en cas de contact avec des pathogènes présents dans les aérosols produits par des individus infectés (ex. la tuberculose) ou lors de procédures de laboratoire susceptibles de produire des aérosols infectieux. Il est constitué de polypropylène. Il génère de l’électricité statique, laquelle est efficace pour arrêter de très petites particules (> 0,3 microns). La mention N95 fait référence à la norme américaine pour un test reconnu par le « National Institute for Occupational Safety and Health » (NIOSH) des États-Unis, le N signifie que ce type de masque n’est pas résistant à l’huile et le 95 signifie qu’il est efficace pour filtrer 95 % des particules de 0,3 microns et plus lorsqu’il est utilisé correctement. La norme KN95 correspond à la norme chinoise. Le masque de type FFP2 : filtering facepiece : littéralement “pièce faciale filtrante”. Le chiffre qui suit les lettres FFP (1, 2 ou 3) correspond quant à lui à la classe d’efficacité de filtration, le masque FFP1 étant plutôt un masque “anti-poussière” et le FFP3 étant le masque plus filtrant. Le modèle qui nous intéresse ici et qui est le plus répandu dans la lutte contre le coronavirus est le masque FFP2. Ce dispositif à pour objectif de filtrer toutes les substances nocives, qu’elles soient d’origine chimiques ou infectieuses. Sa capacité de filtration est de minimum 94%. Le masque FFP2 est plus rigide que le masque chirurgical et certains modèles sont munis d’une valve permettant un meilleur confort respiratoire. C’est un masque qui correspond aux normes Européennes et serait un peu moins efficace que les précédents.
  4. Masque en papier On retrouve également sur le marché des masques en papier. Ces masques offrent peu de protection contre les virus et n’ont pas de filtre comme les masques chirurgicaux. De plus, ils se mouillent facilement et rapidement. La durée de protection est très limitée soit environ 30 minutes, surtout lorsqu’ils sont humides (Van Laer et Haxhe, 2003). Une étude récente a démontré que le masque en papier contribue à diminuer significativement la vitesse d’expulsion de l’air résultant de la toux et, conséquemment, serait efficace pour réduire la transmission (Inouye et al., 2006). Compte tenu de son faible coût, les auteurs proposent qu’il soit fourni aux personnes qui toussent en début de pandémie.
  5. Nanomasque Un nouveau type de masque est apparu récemment sur le marché. Ce masque est constitué d’un support en plastique flexible auquel on y insère une membrane filtrante jetable. Plusieurs sites Internet présentent les nanomasques « NanoMasK » comme un équipement de protection personnelle dont l’efficacité de filtration serait de 99 % et donc approprié pour arrêter des microorganismes comme ceux qui causent la grippe aviaire. Selon le manufacturier, la nouvelle technologie de ce masque appelée «2H Technology and Magnesium oxyde nanoparticules» pourrait bloquer des particules aussi petites que 0,027 micron avec une efficacité de 99,99 %, ce qui serait supérieur à celle du N95 et comparable à celle des filtres N100 homologués par le NIOSH. Le NanoMask n’est pas certifié par cet organisme, mais il est approuvé par Santé Canada comme dispositif biomédical de classe 1.
  6. Respirateur antimicrobien Le respirateur antimicrobien de la compagnie Triosyn Research Inc. est également un nouveau produit sur le marché. Le processus de fabrication inclut une fusion de cristaux d’iode et d’un polymère. D’après le fabricant, cette nouvelle technologie confèrerait une propriété germicide au masque. La durée d’efficacité de ce masque serait de 8 heures. Les fiches techniques du produit mentionnent que le masque Triosyn T-3000 est approuvé par NIOSH (P95 TC-84A-4109) et homologué au Canada pour la grandeur M/L.
  7. Masque en tissu : Les masques principalement utilisés en Amérique du Nord lors de la pandémie de 1918 et en Chine lors de l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003 sont des masques en tissu de fabrication artisanale permettant de filtrer une partie des grosses gouttelettes. Ces masques peuvent être réutilisés à condition qu’ils soient lavés adéquatement. Leur étanchéité et leur capacité de filtrer les aérosols ne sont pas garanties (Dato et al., 2006). En France Il est cependant raisonnable de postuler qu’ils pourraient réduire la vélocité et la quantité des particules expulsées par la toux et les éternuements. Toutefois il faut savoir que le masque ne protège pas si les personnes autour de vous n’en portent pas. L’intérêt est avant tout collectif, si on protège les autres en portant tous un masque, on se protège aussi soi-même. Autre paramètre à considérer le respect des règles d’hygiène lorsque l’on met et retire le masque afin d’éviter l’autocontagiosité.

Pour réaliser correctement le masque artisanal en tissu, les autorités sanitaires françaises recommandent désormais d’utiliser les normes AFNOR(2). Vous pouvez accéder ci-dessous à deux tutoriels qui vous aideront à confectionner vous-même votre masque AFNOR.

A CHAQUE MASQUE SA PROTECTION

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On a remarqué que la propagation du virus est beaucoup plus faible dans les zones qui ont rendu le port du masque obligatoire (Corée, Japon Taiwan, Vietnam, Allemagne).
Jusqu’à présent en France nous sommes au 8è avis du Conseil scientifique COVID19 qui annonce les mesures à prendre en cas de retour du virus cet automne. Et notamment une recommandation concernant le port du masque dans lieux ouverts très denses. A Paris par exemple une carte a été publiée des zones où le port du masque sera obligatoire à partir du 10 août(3).
Dorénavant, avant de sortir de chez soi, il faudra compter parmi ses accessoires le masque et le gel. C’est une mesure qui est bénéfique pour tous. Ne laissons pas le virus dominer notre vie mais adoptons les gestes qui permettront de l’éloigner de nous.

Sites fabrication masques

https://www.youtube.com/watch?v=HcE6SMTIA4o
https://www.60millions-mag.com/2020/04/08/voici-les-modeles-de-masques-maison-valides-par-l-afnor-17366
https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/prevent-getting-sick/how-to-make-cloth-face-covering.html

A propos des attaches

A propos du lavage :

https://www.hopkinsmedicine.org/health/conditions-and-diseases/coronavirus/coronavirus-how-to-care-for-your-face-mask

Type de masques :
https://pharmasimple.com/blog/masques-chirurgicaux-ffp2-kn95-tout-savoir-sur-les-differents-masques-de-protection/

bibliographie

(1) https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/669-avisportmasquepandemieinfluenza.pdf
(2) https://www.afnor.org/actualites/coronavirus-telechargez-le-modele-de-masque-barriere/
(3) https://www.sortiraparis.com/actualites/a-paris/articles/226166-port-du-masque-obligatoire-a-paris-la-liste-des-zones-concernees-par-arrondissem

Dato V.M., Hostler D., Hahn E., Simple respiratory mask, Emerg. Infect. Dis. 2006 12(6):1033-34.
Weber A., Willeke K., Marchioni R., Myojo T., McKay R., Donnelly J., Liebhaber F., Aerosol penetration and leakage characteristics of masks used in the health care industry, Am. J. Infect. Control 1993 21(4):167-73.

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