Tout savoir sur le dernier rapport du Giec sur le climat

Que dit le dernier rapport du GIEC sur le climat ?

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est un organisme intergouvernemental qui a pour mission d’évaluer l’état des connaissances, les causes et les conséquences du changement climatique. Fruit de la collaboration de plus de 100 chercheurs dans le monde, le rapport du GIEC intègre toutes les recherches effectuées par la communauté scientifique et sert de référence pour les questions climatiques.

Les cinq points d’alerte concernant le climat

Dans son dernier rapport, sorti le 28 février 2022, le GIEC a dressé cinq points d’alerte concernant le climat, à savoir :

1. La cause du réchauffement climatique

La GIEC a affirmé pour la première fois que l’homme est responsable de la cause du réchauffement climatique. Les progrès de la climatologie et les données disponibles permettent au GIEC de confirmer la responsabilité de l’homme. Les facteurs naturels contribuent presque à zéro au réchauffement climatique. La hausse d’environ +1,1°C depuis 1850 est due à l’activité humaine, et selon le GIEC on est très proche d’atteindre un point de non-retour.

2. Un dépassement de 1,5°C

Le réchauffement climatique atteindra bientôt + 1,5°C. Dans le dernier rapport, le GIEC présente un panel contenant cinq scénarios socio-économiques (SSP) différents. Ainsi, le seuil du réchauffement climatique pourrait être atteint d’ici 2030, sauf selon le scénario le plus optimiste (SSP1). Même temporaire, un dépassement de 1,5°C aurait un impact important sur les écosystèmes tels que les glaciers et les récifs coralliens.

3. Augmentation du niveau de la mer

Le niveau de la mer augmente en raison du changement climatique, notamment par la fonte des calottes glaciaires. D’ici 2050, un milliard de personnes pourraient vivre dans des zones côtières à risque. Avec le scénario le plus pessimiste, ce chiffre pourrait doubler d’ici 2100, avec une hausse de plus d’un mètre. Depuis 1900, le niveau de la mer a monté de 20 cm et devrait encore augmenter de 20 cm d’ici 2050. Environ 900 millions de personnes vivent aujourd’hui à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer.

4. Hausse des émissions de méthane

Les émissions de méthane augmentent à un rythme alarmant. Ces émissions sont, avec celles de dioxyde de carbone (CO2), les principales causes du réchauffement climatique. Or, le potentiel nocif des émissions de méthane est 84 fois supérieur à celui du CO2. Le rapport montre que les émissions de méthane ont augmenté de 6 % au cours des 10 dernières années. De plus, lors de la COP 26, un accord a été conclu pour réduire les émissions de méthane de 30 % entre 2020 et 2030. Actuellement, 111 pays l’ont signé. L’Inde et la Chine sont malheureusement absentes. Les principales sources d’émissions de méthane sont les décharges et les incinérateurs, l’extraction et le transport de pétrole et de gaz, les exploitations agricoles, les mines de charbon, etc.

5. Impacts du changement climatique pour les hommes

Le GIEC met en garde contre des effets catastrophiques du changement climatique sur l’homme. Les experts estiment que la moitié de la population mondiale, soit entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes, est déjà « très vulnérable« . C’est l’un des dix chiffres choquants de la deuxième partie du 6e rapport d’évaluation du GIEC. Ainsi, le réchauffement climatique entraîne la diminution de l’efficacité des puits de carbone, l’extinction des espèces, la hausse des maladies, des pertes agricoles, et bien d’autres choses encore. Pour lutter contre le réchauffement climatique, le GIEC appelle à une adaptation globale afin de répondre à l’urgence de la situation et à la solidarité de tous les gouvernements, du secteur privé et de la société civile.

Les effets actuels du réchauffement climatique sur les populations et les écosystèmes

Selon le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), le réchauffement climatique (+1,09°C en 2021) a des effets irrémédiables sur les populations et les écosystèmes tels que la réduction de la disponibilité des ressources en eau et en nourriture, notamment en Afrique, en Asie et dans les petites îles ; l’impact sur la santé dans toutes les régions du monde entraînant l’émergence de nouvelles maladies, une plus grande mortalité, l’augmentation du stress thermique, la dégradation de la qualité de l’air, le développement du choléra ; la baisse de moitié des aires de répartition des espèces animales et végétales.

Ces effets sont irréparables, même dans l’hypothèse de la limite d’élévation de température à 1,5°C fixée dans l’accord de Paris. Ils sont encore aggravés par la pauvreté ou l’accès limité aux services. D’ores et déjà, entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes vivent actuellement dans des situations les rendants très vulnérables au changement climatique.

Les experts discutent des impacts futurs sur la population, en particulier le milliard d’habitants des zones côtières menacées d’ici 2050.

Parmi les effets de stratification associés à des catastrophes de plus en plus imminentes, le GIEC mentionne également des conséquences sur la production alimentaire, une hausse des prix alimentaires ou encore une augmentation de la malnutrition…

Que faire pour réduire les effets du réchauffement climatique ?

Si des efforts ont été réalisés pour réduire les émissions de CO2, le GIEC dénonce une inadéquation des moyens mis en œuvre face à la rapidité des changements. Il y a ainsi un manque de volonté politique, selon les auteurs du rapport, avec le non-respect des engagements de Glasgow 2021 lors de la COP 26 en matière de doublement des budgets afin de lutter contre le réchauffement climatique. Cependant, un développement résilient au changement climatique est encore possible en consacrant des efforts financiers plus importants dans certains secteurs clés tels qu’une meilleure gestion de l’eau et de l’irrigation mais aussi une meilleure adaptation des cultures aux conditions climatiques via l’agroécologie ; la transition énergétique afin de réduire les émissions de CO2 ; la préservation du milieu naturel grâce à la restauration des forêts et des écosystèmes naturels, l’arrêt de l’urbanisation dans les zones côtières, la végétalisation des villes, et bien d’autres. Alors que certaines zones du monde sont déjà dans des situations critiques, le GIEC met en garde contre des solutions à court terme inadaptées comme la mise en place de digues sur le littoral, etc. Au rythme actuel de développement, le réchauffement climatique pourrait atteindre 2,7°C d’ici la fin de ce siècle.

Les dix chiffres à retenir du dernier rapport du GIEC sur le changement climatique

Le GIEC a publié le 2e volet de son 6e rapport d’évaluation sur le changement climatique. Une fois encore, les scientifiques mettent en garde sur les nombreux impacts du réchauffement climatique aujourd’hui et à venir. Aucun écosystème n’est épargné. Tout retard supplémentaire dans la lutte contre le réchauffement climatique enlèvera la petite chance d’assurer à l’humanité un avenir vivable. Voici les dix chiffres à retenir du dernier rapport du GIEC :

  1. En un siècle et demi, la planète a gagné en moyenne environ +1,1°C et devrait atteindre le seuil de 1,5 degré d’ici deux décennies.
  2. D’ici 2030, jusqu’à 132 millions de personnes pourraient basculer dans l’extrême pauvreté.
  3. 3,3 à 3,6 milliards d’humains vivent déjà dans un contexte de forte vulnérabilité au changement climatique, soit environ la moitié de la population mondiale.
  4. D’ici 2050, 1 milliard d’habitants des régions côtières menacés par la montée des eaux ou les submersions marines.
  5. En Europe, d’ici 2050, il y aura 30.000 morts par an à cause des vagues de chaleur extrême, dans un scénario 1,5°C et jusqu’à trois fois plus, si le réchauffement atteint 3°C.
  6. En raison des vagues de chaleur extrême, il y aura 4.000 morts par an en France si les émissions de gaz à effet de serre restent élevées.
  7. Si le réchauffement atteint plus de 1,5°C, entre 9% et 14% des espèces risquent d’extinction. Ce pourcentage s’accroît en fonction de la hausse de la température : entre 10% et 18% pour une hausse de 2°C ; entre 12% et 29% pour une hausse de 3°C ; et entre 13% et 39% pour une hausse de 4°C.
  8. 8% des terres actuellement cultivables ne le seront plus d’ici 2100.
  9. 10.000 milliards de dollars d’infrastructures sont menacés dans des zones sujettes à des inondations exceptionnelles.
  10. 30 à 50% des terres et des mers doivent faire l’objet d’une protection, or aujourd’hui, moins de 15% des terres et 21% des écosystèmes d’eau douce et 8% des océans sont protégés.

Quels sont les points clés du rapport du GIEC ?

Suite aux conclusions des deux premières parties, cette troisième partie du sixième rapport du GIEC propose des solutions techniques, sociales et technologiques pour réduire les émissions de CO2. Ces actions visent à réduire les émissions de 27 à 43% en 2030 et de 63 à 84% en 2050, par rapport aux niveaux de 2010. Au total, la mise en œuvre de ces mesures pourrait réduire le réchauffement de 6,5°C d’ici 2100.

Choisir la sobriété énergétique

La notion de sobriété énergétique renvoie à la stratégie globale de réduction des émissions de gaz à effet de serre par le ralentissement de l’activité économique. Alternative à la transition énergétique, elle implique une adaptation à court terme aux défis énergétiques et aux risques rencontrés sur les questions climatiques. Cette alternative s’articule autour de deux mesures majeures : une réduction de la consommation et une modification de la structure de la production.

Utiliser les énergies fossiles à la place des énergies renouvelables

Il est temps de sortir des fossiles ! Le GIEC met en garde contre les risques climatiques du secteur de l’énergie, qui a vu ses émissions augmenter de 6% en 2021. C’est un appel à l’action pour les jeunes générations. Le coût des énergies renouvelables ne cesse de baisser et la transition historique vers des énergies plus vertes est indéniable.

Augmenter les financements

Les plus grands climatologues du monde, le GIEC, et deux anciens secrétaires généraux des Nations Unies reconnaissent que les investissements nécessaires pour limiter le réchauffement à +2°C sont inférieurs à la dégradation de l’environnement causée par l’utilisation des combustibles fossiles. En effet, une grande majorité des financements privés et publics vont encore au charbon, au pétrole et au gaz. En d’autres termes, la plupart des pays ne semblent pas prêts à donner suite aux engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris. Étant donné que la plupart des prévisions indiquent que les nouvelles infrastructures de combustibles fossiles seront usées pendant des décennies et que la croissance mondiale de la consommation reposera toujours fortement sur le pétrole et le gaz, en particulier si la Chine poursuit sa modernisation, les experts du GIEC ont présenté une piste possible pour obtenir davantage de fonds dans le cadre de notre paradigme économique actuel : les taxes sur la consommation.

Éliminer les émissions de carbone

Afin d’éviter une catastrophe climatique, il est indispensable d’utiliser des technologies permettant d’éliminer les émissions de CO2 dans l’atmosphère. En effet, les puits de carbone naturels ne sont plus suffisants (forêts et océans). L’agriculture est responsable de 22 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Cependant, grâce aux nouvelles méthodes de culture agroécologiques, il est possible de combiner des rendements plus élevés avec un impact environnemental moindre.

Par ailleurs, le secteur de la construction est responsable de 6 % des émissions mondiales. Beaucoup espèrent qu’il jouera un rôle de premier plan dans la transition énergétique. Le béton et les briques, qui contribuent à la construction de la plupart des bâtiments, devront être substitués par des matériaux alternatifs quand cela est possible. Ce rapport présente pour la première fois des solutions comportementales. Celles-ci s’appuient sur diverses sources d’énergie renouvelables telles que les panneaux solaires et les éoliennes, mais cherchent également à améliorer leur performance énergétique.

C’est un fait, le monde n’est pas prêt à lutter contre le réchauffement climatique. En proposant pour la première fois des solutions comportementales, ce nouveau rapport du GIEC vise à accélérer la prise de conscience de l’urgence climatique. Le GIEC partage ainsi une véritable feuille de route comprenant des mesures immédiates pour garder notre planète habitable.

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